Les entrepreneurs de spectacles réclament un déconfinement total et sans distanciation

June 13, 2020

A quelques jours de la Fête de la Musique, les entrepreneurs de spectacles (salles, festivals, producteurs de spectacles, théâtres privés et cabarets) – dont plus de la moitié des TPE/PME sont en risque de faillite après plus de trois mois d’arrêt total de leurs activités – lancent un appel au Président de la République et au Premier Ministre pour un déconfinement total et sans distanciation afin de permettre une reprise véritable des spectacles en France.

 

Mesures insuffisantes pour le secteur

 

Dans un communiqué commun, les syndicats Prodiss (spectacle musical et de variété), le Camulc (cabarets, music-halls et lieux de création) et SNDTP (théâtre privé) saluent les mesures générales prises par les ministères de l’Economie et du Travail (exonération de cotisations patronales, prise en charge à 100% de l’indemnité d’activité partielle pour les heures non travaillées) mais s’interrogent sur les mesures portées par le ministère de la Culture (1,3 Md€ en faveur du secteur culturel, dont 949 M€ dédiés aux droits des intermittents).

 

« Doter le Centre National de la Musique d’un montant de 50 millions d’euros, face à plus de 2 milliards d’euros de pertes subies par le secteur, c’est une mesure d’urgence, à peine de sauvegarde, mais en aucun cas de relance. » écrivent les syndicats. Ils constatent que « pas la moindre enveloppe budgétaire nouvelle n’est annoncée pour abonder le FUSV (Fonds d’urgence pour le spectacle vivant) au-delà de son budget actuel prévu pour aider les entreprises sur la trop courte période des 10 premières semaines d’inactivité totale » et que le crédit d’impôt pour le spectacle – « un dispositif indispensable pour soutenir la reprise du secteur » – est le grand absent des mesures pour la culture.

 

Un acte majeur indispensable pour éviter la casse sociale

 

« Dans ce contexte, il est indispensable que le Gouvernement pose désormais, maintenant, un acte majeur pour permettre et accompagner la sortie de la crise du spectacle vivant. » considèrent les trois syndicats, qui dénoncent la différence de traitement quant à la distanciation qui s’appliquerait aux spectacles mais pas dans les trains.

 

Faisant valoir qu’« un spectacle cadenassé par les contraintes COVID, avec une salle au deux tiers vide de public, ne fait pas sens », ils réclament un déconfinement total et sans distanciation pour une reprise véritable des spectacles en France. Faute de quoi, « la casse sociale sera inéluctable » selon le Prodiss qui rappelle que, parmi ses seuls membres, « la situation actuelle met en risque 21 635 artistes et techniciens en régime d’intermittence, soit 76 % des emplois du secteur, auxquels s’ajoute « 46 % des emplois permanents, en risque également. »

 

Zone de flou pour la faisabilité des événements

 

Au même moment, le SMA (Syndicat des musiques actuelles) et la Fédelima (Fédération des lieux de musiques actuelles) interpellent de leur côté le Président de la République, le Premier ministre et le ministre de la Culture sur les incohérences du décret du 31 mai dont l’article 45 permet la reprise de la diffusion uniquement pour les lieux en configuration assise. Ils demandent « un accord de principe en vue d’une reprise de la diffusion en configuration debout à compter du 1er septembre en revenant à la norme usuelle, soit 3 personnes debout au mètre carré. » SMA (450 adhérents) et Fédelima (200 lieux, dont l’ensemble des SMAC) soulignent que seule cette norme garantit la viabilité économique de leurs structures.

 

Les deux organisations interpellent par ailleurs le Gouvernement au sujet des festivals et de la « zone de flou » créée par le décret du 31 mai concernant les événements de jauges inférieures à 5 000 personnes. Elles réclament des consignes explicites quant à leur possible tenue d’ici au 31 août, ainsi qu’une réponse claire afin d’évaluer la faisabilité des événements de plus de 5 000 personnes entre le 1er septembre et le 31 décembre (45 de leurs adhérents sont concernés, dont les Transmusicales de Rennes).

 

« En septembre il sera trop tard pour décider de leur maintien ou de leur annulation : les coûts de production alors engagés risqueraient de compromettre la pérennité des entreprises qui portent ces projets. » expliquent dans leur lettre Yves Bommenel et Ludovic Renaux, présidents respectifs du SMA et de la Fédelima.

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Journaliste spécialisé et observateur privilégié de l’industrie musicale et de ses mutations depuis plus de vingt ans, mais pas que…  S’est positionné depuis plusieurs années comme « accélérateur de (music)business ». En savoir plus.

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