Partage de la valeur : inéquitable, dénoncent les organisations d’artistes

July 5, 2017

Les résultats de l’étude sur le partage de la valeur entre producteurs phonographiques et artistes interprètes dont le ministère de la Culture a publié la synthèse le 4 juillet ne semblent pas faire avancer ce dossier, en ce sens où chaque partie y voit la confirmation de leur propre analyse. Si les premiers mettent en avant l’économie globalement déficitaire de la production locale et affirment que la répartition est favorable aux artistes, ceux-ci en ont une toute autre interprétation.

 

Dans un communiqué, l’Adami se félicite de « constater que les conclusions de l’étude rejoignent avec précision et de manière irréfutable les résultats de sa propre analyse publiée en 2013 confirmant le partage inéquitable des rémunérations » : un partage moyen sur le streaming de 89,4% pour le producteur et de 10,6% (10,9% en majors) pour l’artiste avant abattements, une part nette revenant aux artistes de 5,4% sur le chiffre d’affaires de la production (ventes et streaming).

 

Un déficit contesté

 

L’Adami rappelle que la marge des producteurs indiquée dans l’étude ne prend pas en compte le « back catalogue » (tout le répertoire publié à l’exception des nouveautés) pourtant au cœur du modèle économique de la production musicale. « Les producteurs phonographiques n’ont en effet pas souhaité que l’étude intègre cette donnée essentielle. De fait, ce refus fait apparaitre des résultats incohérents quant à la marge des producteurs : par exemple les majors du disque seraient déficitaires de… 41,4%. Rappelons qu’Universal Music Group a déclaré en 2016 un bénéfice (Ebita) de 644 millions d’euros pour un CA de 5,2 milliards d’euros », explique la société civile des artistes interprètes principaux. Elle demande urgemment la « mise en œuvre de mesures sérieuses et adaptées au contexte numérique pour aboutir enfin à un juste partage des rémunérations, tout particulièrement dans le digital et ce au profit de toutes les catégories d'artistes-interprètes ».

 

Même position pour la Guilde des Artistes de la Musique. « Au bout de 20 mois et à cause des innombrables biais qu’elle a fini par comporter, l’étude offre une vision étriquée et ne parvient à tirer aucun enseignement nouveau. » considère la GAM qui tient à « mettre en garde quant aux conclusions parcellaires et aux raccourcis faciles induits par certains chiffres y figurant » .

 

Back catalogue, le grand absent…

 

Elle précise elle aussi que l’étude ne prend pas en compte l'exploitation du back catalogue : « Or il s'agit de l'élément clé de la profitabilité de cette industrie. En témoignent les nombreux rachats de catalogues, y compris entre indépendants, et les enjeux de droit de la concurrence autour de ces actifs. Sans back catalogue, l'industrie du disque s'arrête net ».  La GAM déplore que l’étude « compare et mélange sans ménagement des types de revenus dont les mécaniques sont strictement différentes », et rejoint l’Adami en jugeant « presque surréalistes » les résultats témoignant du déficit global de la production française : « Quel producteur accepterait un déficit moyen de 40% par projet s'il n'y avait pas en face un certain nombre d'autres revenus... sur lesquels l'artiste ne touche rien ? On finit par croire que la palme revient ici à celui déclare le plus de pertes, sans se soucier de l’incohérence totale et du ridicule qui en découle. De tels chiffres ne peuvent évidemment pas résonner auprès de la communauté des artistes comme un encouragement à la collaboration. Ni d'ailleurs auprès des actionnaires actuels et futurs. »

 

La GAM voit cependant dans l’étude « une étape nécessaire, qui met en évidence les dysfonctionnements majeurs et les déséquilibres subsistants dans une industrie en renouvellement profond ». Elle conforte sa revendication déjà exprimée au cours des négociations des accords Schwartz » en 2015 : « la nécessité urgente d’établir une meilleure transparence dans les relations avec nos partenaires et de garantir aux artistes un taux de rémunération sur le streaming exprimé en net (c'est à dire non abattable) et largement réévalué par rapport aux usages d'un marché physique déclinant ».  

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Journaliste spécialisé et observateur privilégié de l’industrie musicale et de ses mutations depuis plus de vingt ans, mais pas que…  S’est positionné depuis plusieurs années comme « accélérateur de (music)business ». En savoir plus.

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